L'IA va-t-elle remplacer les managers ? Probablement pas. Mais elle pourrait supprimer une partie importante de ce que nous appelons «manager ». Je viens de lire une excellente publication de HEC Paris : « L'IA automatise le management routinier et renforce la valeur du leadership ».

La distinction proposée est particulièrement intéressante. Une grande partie du management consiste encore à suivre des indicateurs, consolider des informations, coordonner des tâches, contrôler des échéances, préparer des analyses ou appliquer des processus.

Ce sont précisément les activités sur lesquelles l'IA progresse rapidement. Mais diriger une équipe ne se résume pas à cela. - Donner une direction dans l'incertitude. - Créer de la confiance. - Arbitrer lorsqu'il n'existe pas de réponse évidente. - Faire grandir les collaborateurs. - Négocier. - Construire une culture. - Conduire le changement. - Assumer la responsabilité d'une décision. Ces dimensions restent profondément humaines. C'est peut-être là que se trouve l'un des paradoxes les plus intéressants de l'IA : plus elle automatise le management routinier, plus elle nous oblige à devenir de véritables leaders. Pour les organisations, la question ne devrait donc pas seulement être :

« Quelles tâches pouvons-nous automatiser ? »

Mais aussi :

« Que devons-nous faire du temps que l'automatisation nous rend ? »

Si ce temps devient davantage de réunions, davantage de reporting ou davantage de contrôle, nous aurons raté une partie de l'opportunité. S'il permet aux managers de consacrer davantage de temps à la stratégie, au développement des personnes, à la coopération et à la transformation de l'organisation, alors l'IA aura réellement augmenté la qualité du management.

À mon sens, la compétence managériale de demain ne sera donc pas simplement de savoir utiliser l'IA. Elle sera de savoir ce qu'il ne faut surtout pas lui déléguer.

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